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samedi 19 octobre 2019
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“LA FEMME AFRICAINE EST SA PROPRE RÉPONSE, À ELLE DE S’IMPOSER DANS TOUS LES DOMAINES”

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Dans le domaine minier où j’évolue depuis plus de 23 ans, il est reconnu que la femme est meilleure gestionnaire de risques, prend de meilleures décisions, est performante, plus fédératrice et dotée d’une culture de travail plus cohésive.

Les lignes bougent-t-elles sur le Continent pour la Femme ? Bougent-t-elles ailleurs…en Asie, Europe, Etats Unis, Amérique latine, Océanie ? En fait, qui devrait les faire bouger ?

Je ne m’attarderais pas à disserter au sujet de cette problématique, ni nous inviter à une forme de thérapie de groupe où chacune viendra témoigner de sa mésaventure. A la première question, certaines dirons : « OUI, il y a de l’évolution » et « PAS ASSEZ » pour la majorité d’entre elles.

Force est de constater que sur une population de plus de 1,216 milliards que compte l’Afrique, environ 52% sont des femmes et malgré ce grand nombre les « Success Stories » impliquant la Femme sont rares. Nous entendons encore trop souvent ce qualificatif : « la première Africaine à … ». Pourtant, point n’est besoin de prouver que les Femmes regorgent de compétences et de leadership. La capacité à travailler en équipe, une éthique de travail pointue, une solide compétence en communication, de l’empathie et de la résilience au travail …sont généralement des attributs que les femmes apportent au monde professionnel or nous notons une telle disparité dans la réussite des Femmes.
Dans le domaine minier où j’évolue depuis plus de 23 ans, il est reconnu que la femme est meilleure gestionnaire de risques, prend de meilleures décisions, est performante, plus fédératrice, dotée d’une culture de travail plus cohésive.
Qu’est ce qui empêche les femmes d’évoluer dans le domaine professionnel ? Est-ce uniquement parce que l’environnement est dominé par les hommes ? Nous entendons pourtant parler des Basani Maluleke, première femme noire à la tête d’une banque en Afrique du Sud, ou d’Elisabeth Moreno, DG Afrique de HP, et plusieurs autres.

Diversité et inclusion pour l’émergence des femmes en entreprise

Il est temps, à présent, de parler de diversité, mais il faut y ajouter l’inclusion. Ces concepts doivent se comprendre au niveau Exécutif afin de faire évoluer la culture des entreprises opérant en Afrique.
Je suis d’avis que les entreprises doivent, dans le cadre de la diversité et l’inclusion, intégrer dans leurs modèles de gouvernance des politiques, des pratiques et des objectifs spécifiques afin de promouvoir une participation plus effective de la femme. Les entreprises doivent se fixer des objectifs, les évaluer par des mesures bien déterminées et se fixer d’engager un certain pourcentage de jeunes femmes au sortir de la Fac. Ces dernières évolueraient dans un milieu compétitif ou seuls les critères objectifs de performance et de compétence seraient déterminants pour gravir les échelons au même titre que tout autre employé.

Faut-il rappeler que l’inclusivité permet de prendre en compte la différence de genre sans la discriminer. Elle vise à la promotion et à l’intégration. Dans la mise en œuvre de l’inclusivité, certaines entreprises dans le monde permettent aux femmes de travailler de la maison -le télétravail en termes technique- deux à trois fois par semaine afin de leur permettre de participer, entre autres, pleinement aux activités scolaires et extra scolaires de leurs enfants, ou de veiller à la garde d’un enfant malade à domicile. Les structures qui ont eu à expérimenter ce concept sont pleinement satisfaites des résultats obtenus, car il s’observe, à ce titre, un rendement professionnel non négligeable. Et la conclusion qui pourrait en découler est simple : la marginalisation de la femme ne devrait plus exister dans le monde professionnel actuel.

L’entrepreneuriat, l’autre puissant levier

Les principes énumérés ci-dessus pourraient-ils s’appliquer à l’entrepreneuriat féminin ? Comme en Entreprise, l’amélioration des capacités entrepreneuriales des femmes -qui sont déjà en Afrique, avec un taux de 24% des femmes en âge de travailler, les « championnes du monde » en la matière, selon une récente étude menée par le cabinet Roland Berger- leur permettrait une réussite plus spectaculaire et une participation plus effective au développement social et économique de leur environnement. Ce challenge passe par la formation, la formalisation et l’accès aux moyens financiers. Ces actions positives en faveur des femmes leurs permettent de passer du stade de la survie au stade d’épanouissement. Les banquiers se sont rendus compte que les femmes respectent bien souvent leurs engagements, leurs comptabilités sont bien tenues, et elles évoluent certes lentement, mais sûrement.
Nous sommes convaincues, que nous verrons beaucoup plus de Moyennes et Grandes Entreprises appartenant à des Femmes, tels des « Dangoté Entrepreneures », créant ainsi des millions d’emplois sur le continent, des Salwa Akhannouch, PDG d’Aksal (Maroc), …
Je crois en la Femme africaine et en sa capacité à émerger. Elle est sa propre réponse, c’est à elle de s’imposer dans tous les domaines d’activités.

Marie-Chantal Kaninda, Directrice exécutive, World Diamond Council

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